La panne sexuelle

Elle vous regarde avec un air compatissant et maternel et vous dit « ce n’est pas grave », comme le glas sonnant l’humiliation. Liée à l’impuissance et au manque de virilité, la « panne » est souvent ressentie comme un camouflet insupportable. Certaines femmes tentent de compenser cette déception en s’excusant ou en concédant un « ce n’est pas la première fois », comme si elles voulaient faire savoir qu’elles ne sont pas suffisamment désirables. En tout cas, ne dites pas que vous lui en voulez comme si elle était fautive et assumez votre petit accroc, c’est aussi ça être un homme. La stigmatiser en la confortant dans cette posture pourrait qui plus est être un mauvais pari pour l’avenir.
Alors que faire ? Dédramatisez !
Vous pouvez plutôt tenter la blague d’enchaînement du type « il est quelle heure ? » ou « j’ai une lombalgie depuis une petite semaine ! » avec un rictus d’autodérision. Cela ne la fera pas forcément rire mais ça se tente. Et puis ça montrera que vous avez autre chose à faire de vos journées que copuler avec une jolie petite paire de fesses.
Bref, c’était pourtant bien parti pour Gégé après une grosse soirée en discothèque à faire le champion au milieu de la piste en infligeant un coup de poing à un autre mâle qui souhaitait conquérir la même demoiselle. En clair, il ne lui suffisait plus qu’à savourer le fruit de la bataille. Seulement voilà, l’alcool, la hâte voire la pression du résultat firent obstacle à l’érection. Être fort c’est bien, être fort et en forme c’est mieux !
Forcément, c’est de suite plus compliqué de construire une relation sur une panne. Alors, « c’était comment ? » se précipitent vos compagnons d’existence le lendemain du massacre… « C’était top, j’étais tellement excité que j’ai éjaculé super vite ! »

J'ai éjaculé super vite !
En affirmant que vous avez eu une relation de trois minutes, digne d’un porno hongrois, vous sauvez les meubles. C’est toujours moins pire qu’un « nervous breakdown » à la Audiard. De surcroît, cela peut aller dans le sens du discours de la fille si celle-ci se met à baver, tout en maintenant un flou qui vous protégera des éventuels quolibets. Bien sûr, ne quittez pas la donzelle, ne restez pas là-dessus ! On n’est jamais à l’abri des délatrices tant qu’on ne leur a pas mis un trois point…
En bref, dites simplement que vous avez trop de pression, que vous avez peur de mal faire, de la décevoir. Sinon, si vous avez vraiment un mental de commercial, dites-lui que vous ne vouliez pas lui faire mal au cœur et que vous ressentiez des remords à coucher le premier soir en gâchant peut-être une belle histoire. C’est une prise de risque très efficace à court terme mais qui peut se payer très cher si vous la quittez dans les deux semaines.
Enfin, la meilleure des solutions est d’assumer « je ne suis pas une machine, je suis plus qu’un sexe ». Il y en a eu avant, il y en aura après. Jean Alesi a disputé deux-cent-un Grand Prix de Formule 1 et a abandonné 87 fois. Le 11 juin 1995, il remporte le grand prix du Canada et met trente-sept secondes dans la face à Schumacher. Qui a dit que l’importance c’était la durée ?